C'est sans doute une des plus belles terrasses de Nantes. Exposée sud-ouest, s'étirant langoureusement au confluent de l'Erdre et de la Loire, la Passerelle de Marcel se situe hors du temps et
hors de l'effervescence citadine. En plus, elle redonne envie d'aller au stade. Pas pour s'époumoner, mais pour une pause afterwork, une soirée séduction ou une parenthèse entre copains. Les
aménagements pratico-scandinaves, plutôt réussis dans leur esthétique épurée, laissent place à toutes les envies. On peut aussi préférer la chaleur teintée de vintage du salon-bibliothèque,
encadré de généreux rayonnages. Bref, c'est une belle découverte.
La Passerelle de Marcel. Nantes au stade Marcel Saupin. Ouvert quasi tous les jours.
Menu découverte, second de la Mare aux Oiseaux, tendance bistronomique… le restaurant l'Uni est devancé par un mini-buzz qui fait du bruit dans le quartier des Olivettes. La réalité est-elle à la
hauteur du virtuel ? A voir ou plutôt à goûter. Certes, les recettes sont subtiles, les associations de saveurs sont réussies, le respect du produit est indéfectible, les cuissons sont
maîtrisées. Mais il manque peut-être cette impertinence qui fait la différence. Il demeure que ce guacamole aux condiments de printemps avec chair d'araignée est gourmand et très rafraîchissant,
que l'agneau au miel impose en douceur ses saveurs et que la variation autour du fruit de la passion explore textures et parfums. La carte des vins sans ostentation révèle de bonnes surprises.
L'équilibre de l'Uni s'apprécie aussi dans le service, pro sans être empesé, et dans la déco qui laisse brut le bois, la pierre, à l'abri du verre.
La bellle peinture est peut-être derrière nous, comme le laisse présager le titre de l'expo, mais en tout cas, cela fait du bien de revoir de la peinture contemporaine sur les cimaises (et le
sol). Le Lieu Unique renoue avec cette forme d'arts plastiques en présentant beaucoup de grands formats, quelques petits formats et quelques objets non identifiés 3D. Certes, le propos est très
majoritairement sombre, voire morbide. Le figuratif y domine rendant les propos parfois plus violents ou inquiétants. Pour dégoupiller cette tension, l'humour et les couleurs parfois vives sont
également présents. Parfait pour désembuer les yeux.
Au Lieu Unique - Nantes. Entrée libre. Jusqu'au 13/5
Sans se faire prier, il est possible d'apprécier les dessins exposés à la chapelle de l'Oratoire. Pendant que le musée des beaux-arts s'offre une grande restauration, des trésors habituellement
cachés regagnent le devant des cimaises dans la salle annexe. Les virtuoses du burin, les orfèvres du pinceau, les experts de la mine à plomb font preuve d'une incroyable technique dans leurs
gravures, dessins, estampes et aquarelles. Au-delà du savoir-faire, l'émotion transparait entre les lignes, notamment quand elles gagnent en liberté ou en mystère. Dans le méticuleux fouillis
d'Odilon Redon, des êtres fantasmagoriques surgissent. Les ciels de Monet, les portraits de Bonnard, les paysages de Maufra ajoutent une teinte de poésie à la palette visible des traits et des
couleurs…
Trésors cachés. Chapelle de l'Oratoire du Musée des Beaux arts de Nantes. Jusqu'au 29 avril. Tous les jours de 10 à 18 h (sauf mardi)
Cette année, l'ECV (Ecole de Communication Visuelle) expose les type directors dans la galerie Loire de l'école d'archi de Nantes. Typographie et design graphique déploient leur recherche et leur
réussite dans un cadre aéré, qui laisse le temps et l'espace à la contemplation. Quelques œuvres surprennent par leur qualité de réalisation, d'autres par leur pertinence créative, certaines par
les 2. Des conférences sont également à l'affiche : www.ecv.fr
Jusqu'au 20 mars. Du lundi au samedi de 13 à 18h. Ecole Nationale supérieure d'architecture de Nantes.
Les paysages mis en scène se déploient entre nostalgie et mystère, intimité et libre horizon. Des lieux délaissés, des espaces maritimes, des visages floutés, des regards invisibles sont
retraités par le grain de la photo, l'aléatoire de l'agrandissement. Corinne Mercadier expose plusieurs étapes de son œuvre de photographe, dans le joli lieu de l'Atelier.
Corinne Mercadier jusqu'au 4 mars. Entrée libre et gratuite. Rue de Châteaubriand - Nantes. Du mardi au samedi de 13 à 19h. Le dimanche de 10 à 15h
Le Hangar à Bananes nantais ouvre enfin un vrai espace d'exposition (avec une librairie pertinente) et non une salle intérimaire pour touristes en mal de diversité. Première expo au HAB avec
l'école des Beaux Arts. Phlippe Cognée et Eberhad Havekost représentent dignement la peinture contemporaine. Visions transformées, absurdité de la recherche de vérité sont à l'honneur. Mention
spéciale à la série Carcasses de Cognée , dans la lignée de Géricault, Soutine ou Bacon. Jim Jarmush est également là, presque en guest star.
Le réel est inadmissible, d'ailleurs il n'existe pas. Hangar à Bananes - Nantes. Entrée libre, du mercredi au dimanche. Jusqu'au 5 février
Dans la très agréable rue du Château, le Mille-feuilles a ouvert un chapitre restaurant-librairie. Au sommaire, une sélection de livres personnalisée et savoureuse, des plats sympathico-bobo
(vélouté, moussaka, parmentier, lasagnes, tartes) et très bons, un cadre chaleureux et soigné. Cerise sur le restau, une salle à l'étage consacrée
aux vinyles. A découvrir à plus d'un titre. Mais pas à plus de quatre ou cinq ; les tables sont petites.
Façade discrète dans la rue Guépin, et sitôt la large porte franchie, un vaste endroit aux accents irlandais occupe les perspectives. Les tables (peut-être un peu serrées le midi) s'alignent le
long du mur soigneusement mis en scène. On se sent rapidement très bien au Beckett's et les plats confortent rapidement cette impression. Libre comme l'Eire, la carte mixe de vertes racines et de
lointaines influences. Un ramen cotoie un cheese-cake, le risotto se couvre de saumon, le bœuf mijoté fleure bon la coriandre.
Beckett's, Rue Guépin Nantes. 02 40 48 76 46 - Le midi et le vendredi soir.